Les points de trames de Roy Lichtenstein

Roy Lichtenstein est l’un de mes peintres préférés.  Comme chacun sait, sa « marque de fabrique » c’est l’utilisation de points de trames dans ses toiles.  Mais qu’est-ce qu’un point de trame ?

Un peu de vulgarisation : Quand on reproduit une photo, une peinture ou n’importe quelle image, on utilise généralement la technique de la quadrichromie.  A savoir que l’on va transformer la multitude  de couleurs d’une photo en quatre couleurs destinées à être reproduites sur une machine d’imprimerie offset.  Ces quatre couleurs sont le jaune, le cyan, le magenta et le noir. Ce sont les couleurs primaires.

Ce sont ces quatre couleurs imprimées ensemble qui vont être capables de reproduire la totalité de la gamme chromatique que contient une image.

Pour s’en rendre compte, approchez-vous d’une affiche 4 x 3 et regardez bien.

La même image de près, voici à quoi elle ressemble quand on a le nez dessus :

Ce que vous pensiez être des variantes de couleurs n’est en fait qu’une succession de points, jaune, cyan, magenta et noir. Les fameux points de trame que reproduit Lichtenstein dans ses toiles. Comme ici :

Les points ne sont pas disposés au hasard, pour être perçus sans défaut par l’œil humain,  ils répondent à un strict angle de trame, ci-contre :

Le moirage : Le problème se corse quand on décide d’imprimer en quadrichromie une image déjà  en quadrichromie…

Lorsqu’on numérise une image imprimée en quadrichromie (c’est-à-dire pratiquement tous les journaux, revues et livres) la trame de points peut être mal lue par l’analyse du scanner ; l’endroit de l’image lu par le scanner tombe parfois sur un point coloré, parfois décalé entre les points. Cela produit des taches répétées régulièrement là où les nouveaux points de trames ont été créés.  Des effets d’optique particulièrement désagréables se créent alors. Exemple d’un moiré sur une reproduction de Lichtenstein :

 

 

 

 

 

 

 

Pas terrible hein ?

N’ayant malheureusement pas les moyens de posséder une toile de Roy Lichtenstein je me suis jusqu’à présent contenté de reproductions diverses et variées. Pour avoir imprimé il y a quelques années des oeuvres telles que Girl with Hair Ribbon, je sais que la reproduction de ces fameux points de trames n’est  pas toujours très simple à réaliser. Cela vaut d’ailleurs pour toute image déjà imprimée que l’on rescanne car l’original a été perdu. Il n’ y a pas de secret, une belle photogravure c’est avant tout un document original de qualité, d’autant que depuis les bons vieux scanners Crosfield à tambour d’il y a vingt ans, on ne peut pas vraiment considérer qu’il y ait eu d’avancée technologique majeure dans l’industrie de la photogravure. D’aucuns parleraient même de régression…

Je vous invite vivement à consulter le site de la Fondation Lichtenstein.

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