Marc Riboud

Il y a quelque chose de transcendantal dans les photographies de Marc Riboud. Dans chaque cadrage il trouve l’ordre naturel des choses, une composition inhérente à l’atmosphère et au mouvement. Riboud absorbe la nature et l’humanité à travers l’objectif de son appareil photo.

« La photographie ne doit pas essayer de persuader » a écrit Riboud. Elle ne peut pas changer le monde, mais elle peut montrer le monde spécialement, lorsqu’il change.

Né à Lyon en 1923, Riboud a vu le monde changer en témoin direct. Sa carrière de journaliste commence quand il abandonne ses études d’ingénieur pour devenir photographe. Il va alors étudier avec Henri Cartier-Bresson, puis commence une vie de voyages qui ne trouvera jamais sa fin.

Il a assisté à la révolution culturelle en Chine et à la guerre du Vietnam. Il a rapporté des images étonnantes de Turquie, de Londres et du Japon. Ses voyages lui ont fait voir le monde sous toutes ses coutures, monde que peu de gens ne connaitront jamais. Pourtant beaucoup de ses clichés nous rappellent les similitudes qui existent entre les pays.

Son cliché le plus célèbre en 1953 du  jeune peintre sur les poutres métalliques de la tour Eiffel, perché sur les hauteurs de la ville sera publié dans LIFE en 1953. Il devient alors un photographe incontournable du XX° siècle.

Elliott Erwitt

Elliott Erwitt possède toutes les qualités d’un photographe : Une maîtrise de l’incongru, un sens de l’humour mordant et, comme Cartier-Bresson, ce sens absolu du moment où il faut saisir l’instant. On ajoutera aussi l’amour des chiens…Son talent et sa sensibilité le place au premier rang des photographes du XX° siècle.

Né à Paris le 26 Juillet 1928, de parents russes qui fuyaient la révolution, Elio Romano Ervitz passa les dix premières années de sa vie en Italie. A la fin  des années trente, se sentant menacée par la montée au pouvoir de Mussolini, la famille s’installa à Paris en 1938, puis à New York l’année suivante. Leur périple les mena de plus en plus vers l’Ouest et le petit Elliott se retrouva installé avec son père à Los Angeles.

En 1945, la guerre finie, Erwitt s’inscrivit à des cours de photographie au Los Angeles City College. Puis il parti pour New York où, dès 1948, il prit des cours de cinéma à la New School for Social Research. En 1950 il rencontra Edward Steichen qui lui présenta le monde de la publicité et fit la connaissance de Robert Capa qui avait fondé, avec entre autres Henri Cartier-Bresson, l’agence de photos Magnum en 1947. Capa fut impressionné par son travail publié dans les magazines et invita Erwitt à le rejoindre chez Magnum.

Membre de l’agence depuis 1953, Erwitt exerça les fonctions de président en 1966.

Erwitt continua le journalisme, la mode et la publicité pour des magazines (Collier, Look, LIFE, Hilidy) et pour de grandes compagnies telles qu’Air France, BOAC, Chase Manhattan Bank, Revlon, Benson & Hedges… etc. En 1955, consécration, Steichen présenta quatre photos d’Erwitt dans sa célèbre exposition Family of Man au MoMA.

Erwitt s’intéressa également au cinéma et réalisa plusieurs films documentaires. Parmi ses ouvrages les plus connus on peut citer Observations on American Architecture  (New York, Viking Press, 1972), qui est le fruit de son voyage à travers les Etats-Unis en 1970, et un splendide recueil de photos de chiens Son of Bitch (New York, Grossman, 1974). Bien d’autres de ses photographies furent publiées et de grandes rétrospectives de son œuvre furent organisées en Amérique comme en Europe.

Elvis Presley photographié par Alfred Wertheimer en 1956

Alfred Wertheimer commence sa carrière de photographe professionnel à New York  après son service militaire, en 1954.

En Mars 1956, RCA  Victor Records lui propose de se consacrer à un nouvel artiste qui se produisait au Stage Show, un programme de variété sur CBS TV.

L’artiste en question était âgé de 21 ans et s’appelait Elvis Presley. RCA avait signé son contrat quatre mois plus tôt. Wertheimer accepta l’engagement en free lance, pour la journée.

Alfred Wertheimer allait être intrigué par ce jeune artiste qui rendait les filles hystériques. Poussé par cette curiosité il photographia le chanteur de temps en temps au cours des trois mois qui suivirent, et ce à ses propres frais.

Wertheimer travaillait au 35 mm, en focale fixe et toujours en lumière naturelle. Le résultat obtenu était plutôt subtil et il se souvient d’Elvis comme d’un sujet idéal. Avec lui il se passait quelque chose d’intéressant toutes les cinq minutes et il oubliait totalement la présence pourtant rapprochée de l’appareil photo.

A l’époque de ces prises de vue, Elvis pouvait encore se promener incognito dans les rues de New York. A travers les photos de Wertheimer on découvre la vie de la future légende dans ses moindres détails, mais aussi dans ses premières apparitions en public en attendant les salles immenses et l’audience nationale.

Wertheimer dresse un portrait intime du jeune chanteur devenu ensuite une idole charismatique : Elvis sculptant sa chevelure dans la salle de bain, lisant le courrier de ses fans, chevauchant son Harley Davidson… avec le pressentiment que ce libre accès à Elvis ne serait plus possible longtemps après cette année exceptionnelle.

television-rehearsal-new-york-1956

Television rehearsal, New York, 1956.

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Elvis reading his fan mail. Warwick Hotel, NYC, March 1956

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Elvis with an unknown young woman in the wings of the Mosque Theater. Richmond, Virginia, 1956.

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Elvis Presley, 1956

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Elvis on his Harley, 1956 At his home, Memphis, Tennessee

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Memphis Steam Laundry July 4, 1956.

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Elvis Presley, live performance Russwood Stadium, Memphis, Tennessee July 4, 1956

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Elvis Presley, “You Ain’t Nothin’ but a Hound Dog” New York, 1956

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No paper towels ! 1956

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ELVIS PRESLEY WITH WAITRESS AT THE DINER PENN STATION NYC 7/3/56

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Elvis Presley, “You Ain’t Nothin’ but a Hound Dog” New York, 1956

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Elvis Presley awaiting the arrival of others to begin rehearsal for Steve Allen television show. New York City, June 29, 1956

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Elvis on his Harley, Memphis Tennessee July 4, 1956

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Edouard Boubat

Jacques Prévert l’appelait « un correspondant de paix », qui enregistrait un monde hors du temps, plein de tendresse et de poésie. Le talent particulier d’Edouard Boubat comme journaliste photographe a toujours été de trouver le fil conducteur qui relie les peuples du monde entier dans leur vie quotidienne.

Né à Paris en 1923, Boubat étudia la photographie dans une école de commerce. Il commença sa vie active et travailla comme technicien dans une usine photographique, occupant son temps libre avec ses propres clichés.

Dans son enfance il avait été très influencé par sa grand-mère, qui lui donna pour toute la vie un amour de la beauté, dans la simplicité de la vie campagnarde et des petits riens de la vie quotidienne. Picasso fut si impressionné par les photos de Boubat qu’il le persuada rapidement de quitter son travail et de vivre de sa photographie.

En 1951 sont travail fut estimé assez important pour figurer dans une exposition de groupe avec des œuvres d’Izis, de Brassaï et de Doisneau. A la suite de cette exposition il fut engagé comme journaliste par la revue Réalités.

Durant les quinze ans passées à travailler pour celle-ci, Boubat multiplia les voyages : Etats-Unis, Chine, URSS, Moyen-Orient, Mexique, Brésil et Inde. Partout il enregistrait avec un intérêt passionné le comportement des gens entre eux et face à leur environnement.

Selon ses propres paroles, « L’extraordinaire nous attire un instant mais la simplicité, toujours présente et changeante, nous retient plus longtemps. Parce que c’est en elle seule que réside l’essentiel. »

Ses clichés ont été publiés dans de nombreux livres, on les a vus dans de nombreuses expositions, comme celles du Centre Pompidou, du MoMA ou du musée d’art moderne de Rio de Janeiro, où il a reporté le grand Prix National de Photographie.

Tokyo, 1987

Tokyo, 1987

Rue Mouffetard, Paris, 1957

Rue Mouffetard, Paris, 1957

Portugal 1956

Portugal, 1956

Partition, Paris, 1982

Partition, Paris, 1982

Montmartre, 1948

Montmartre, 1948

Mississippi, 1953

Mississippi, 1953

Métro Bastille vers 1955

Métro Bastille, 1955

Les pavés de Ménilmontant, Paris, 1956

Les pavés de Ménilmontant, 1956

Le Pont des Arts, Paris, 1954

Le Pont des Arts, Paris, 1954

Le bibliobus, Hérault, 1955

Le bibliobus, Hérault, 1955

Ile de la Cité, Paris, 1994

Il de la Cité, Paris, 1994

Cerisier japonais 1983

Cerisier japonais, 1983

Central Park, New York, 1964

New York, Central Park, 1964

Central Park, New  York, 1954

New York, Central Park, 1954

Piero Fornasetti Soli e Lune.

Piero Fornasetti fut un prolifique designer tout au long de sa vie. Ce créateur atypique a réalisé des milliers d’objets, décors et meubles, dont beaucoup sont uniques.

Son imagination lui vient d’une forte culture italienne et son inspiration surréaliste n’est plus a démontrer. Ses dessins se sont retrouvé sur tous les supports possibles : verres, assiettes, parapluies, lampes, meubles, paravents…

Dans les années 90 alors que Fornasetti était dans le creux de la vague, l’idée de sortir des éditions papier vit le jour chez l’éditeur Graphique de France.  Affiches, cartes, mini prints, calendriers. Certains produits étaient imprimés en offset mais aussi en sérigraphie chez Graficaza avec dorure à l’or chaud. De belles merveilles d’autant plus rares que ce sont les seules éditions réalisées à ce jour par un éditeur.

Voici une partie de ces représentations des astres solaires et lunaires par ce grand maître designer que fut Piero Fornasetti. A déguster sans modération !

Soli di Capri

Soli di Capri

Soli di Capri au trait

Soli di Capri au trait

Sole VIII

Sole VIII

Sole VIII (Or)

Sole VIII (Or)

Sole VI

Sole VI

Sole VI Rouge

Sole VI Rouge

Sole IX

Sole IX

Sole IX (Or)

Sole IX (Or)

Sole (Sérigraphie)

Sole (Sérigraphie)

Sol XI

Sol XI

Luna. Or fond noir

Luna. Or fond noir

Luna. (Sérigraphie)

Luna. (Sérigraphie)

Luna 122

Luna 122

Luna 122 au trait

Luna 122 au trait

Luna (Face cachée)

Luna (Face cachée)

Diptyque

Diptyque

Vignettes pour un calendrier

Vignettes pour un calendrier

Andreas Feininger

Fallait-il être un américain né avec une autre nationalité pour retranscrire avec autant de génie et de saveur tout l’esprit de l’Amérique des années cinquante ? Andreas Feininger tend à prouver que oui !

Né en Allemagne en 1906 Il est le fils du peintre Lyonel Feininger. Il étudie l’ébénisterie au Bauhaus, puis l’architecture, dont il fera son activité pendant dix ans. C’est en 1928 qu’il commence à s’intéresser à la photographie.

En 1931, il entreprend de voyager dans le monde entier, il finira par s’établir aux Etats-Unis.  En 1941 il commence ses premiers travaux pour l’illustre  magazine Life. Sa carrière est lancée….Il sera autant fasciné autant par les paysages urbains, New York principalement, que ruraux. Il va infatigablement retranscrire sur la pellicule l’esprit de l’Amérique de l’après-guerre. Certaines de ses photographies deviendront  mythiques, telle la Route 66 near Seligman en Arizona.

En 1976, l’International Center of Photography de New York lui consacre une rétrospective.

Un voyage à la Steinbeck dans le monde merveilleux de Feininger ! :

The United States passing 42nd Street, New York

The United States passing 42nd Street, New York

Signal Hill Oil Field near Long Beach California, 1948

Signal Hill Oil Field near Long Beach California, 1948

Route 66 near Seligman Arizona, 1953

Route 66 near Seligman Arizona, 1953

New York City, Fifth Avenue, Midtown Manhattan, c.1950

New York City, Fifth Avenue, Midtown Manhattan, c.1950

Mojave Desert, California, 1953

Mojave Desert, California, 1953

George Washington Bridge, 1950

George Washington Bridge, 1950

orest of oil rigs on Signal Hill, near Long Beach, California, 1948

orest of oil rigs on Signal Hill, near Long Beach, California, 1948

Flat Iron Building, New York, 1940. Museum of the City of New York

Flat Iron Building, New York, 1940. Museum of the City of New York

Dearborn Station, Chicago, 1941

Dearborn Station, Chicago, 1941

Coney Island Beach on the Fourth of July, 1949

Coney Island Beach on the Fourth of July, 1949

 

James Dean

Icône d’une génération tourmentée et symbole d’une jeunesse en révolte, les plus grands photographes de l’époque ont immortalisé la courte carrière de James Dean. Parmi eux, Dennis Stock, Roy Schatt et Phil Stern sont à l’origine des clichés les plus célèbres. Ces photographies ont fait le tour du monde et ont contribué à la légende de l’acteur. Et pourtant, James Dean fut l’anti-star par excellence, vivant  mal sa soudaine célébrité, et refusant tout le décorum hollywoodien.

Les photos ci-après le montrent au naturel, sans artifice, avec ce léger côté décalé accentué par son habituelle nonchalance.

Vivant James Dean fut un mythe, après le 30 Septembre 1955 il devint une légende éternelle.

Roy Schatt. James Dean 1954.

Roy Schatt. James Dean 1954.

Roy Schatt. Pensive James Dean, 1954

Roy Schatt. Pensive James Dean, 1954

Roy Schatt. Portrait of James Dean in  grey shirt, 1954

Roy Schatt. Portrait of James Dean in grey shirt, 1954

Phil Stern. James Dean in sweater, 1955

Phil Stern. James Dean in sweater, 1955

Dennis Stock. James Dean, Withdrawn, 1955

Dennis Stock. James Dean, Withdrawn, 1955

Dennis Stock. James Dean, Fairmount, Indiana, 1955

Dennis Stock. James Dean, Fairmount, Indiana, 1955

Dennis Stock. James Dean, 1955

Dennis Stock. James Dean, 1955

Dennis Stock. James Dean in his former Schoolroom, Fairmount Indiana, 1955

Dennis Stock. James Dean in his former Schoolroom, Fairmount Indiana, 1955

Dennis Stock. James Dean in a barber shop near Times Square, 1955

Dennis Stock. James Dean in a barber shop near Times Square, 1955

Dennis Stock. Coffe Break, 1955

Dennis Stock. Coffe Break, 1955

Dennis Stock, James Dean Times Square, 1955 LIFE Magazine

Dennis Stock, James Dean in the farm of his uncle Markus Winslow posing with a pig. Fairmount Indiana, 1955 (LIFE Magazine)

Dennis Stock, James Dean in the farm of his uncle Markus Winslow posing with a pig. Fairmount Indiana, 1955 (LIFE Magazine)

Anonymous. Porsche 356 Speedster

Anonymous. Porsche 356 Speedster